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Brèves d'Impromptus #5 suite
Palabres d’adolescents
Mercredi 23 janvier 2008, 17h30 : j’arrive au théâtre de la Renaissance. Nos comédiens sont en pause. Je n’ai pas mis un pied dans le théâtre que Pape, comédien d’origine sénégalaise et Abdel comédien marocain m’assaillent pour évoquer un événement majeur, la Coupe d’Afrique des Nations de Football...
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Chacun pour son pays, il dissertent autour des joueurs qui ont marqué, du parcours des leurs et des futurs phases finales. Ils m’assaillent gentiment mais je dois trancher : Maroc ou Sénégal ? A la manière d’un rugbyman, je botte en touche et j’opte pour la Côte d’Ivoire ou le Cameroun (pays de notre comédien Franck).
Je lis dans leurs yeux tout le mépris qu’un homme peut exprimer et qui se ponctue joliment par un « pfff… » l’air de dire que finalement je n’y comprendrai jamais rien ni au football, ni à l’Afrique…Je leur suggère alors d’aller retrouver les autres et de se préparer. Ils acquiescent difficilement, la conversation n’était pas close. Nous palabrerons ultérieurement.
Mercredi 23 janvier 2008, 22h30 : Je mange au restaurant à côté d’Abdel et Pape, un marocain et un sénégalais, deux adolescents, et des milliers d’histoires. Après avoir abordé pour une énième fois le chapitre footballistique qui par définition n’est jamais clos, nous voilà sur le volet culinaire de notre discussion. Je leur demande leur plat favori.
Tout en se baffrant de couscous (la croissance, ca
creuse…), chacun des adolescents me narre avec passion la préparation
de son plat favori, un plat du pays bien évidemment. Pape me parle de
la préparation du tchep ce qui à l’avantage de me mettre l’eau à la
bouche et d’en prendre de la graine pour la 3ème fois. Encore une fois,
il m’exprime sont mépris lorsque je lui avoue mon ignorance. Je n’y
connais décidement rien ce qui l’encourage à détailler toute la
préparation au grain de riz près. Il est fier de me l’apprendre, il
jubile de partager, il se met en valeur et me réjouit du même coup.
Abderrahim
a commandé un tajine berbère. Lorsque son plat arrive, il éclate de
rire en me disant, « des berbères j’en connais, mais des tajines comme
ca j’ai jamais vu chez les berbères » et il rigole de plus belle. Et
puis nous palabrons à nouveau jusqu’à plus faim….
Cuisine et
football sont pour ces ados une manière de m’expliquer une part de leur
identité, une part de leur personnalité, une façon de se livrer et de
s’exprimer sans s’en apercevoir. Qu’ils trouvent avec nous et entre eux
cet espace d’expression me plaît. La valorisation des cultures passe
par là, aussi…la palabre en est une, entre autres…
Pierre Brini
Soumis par rédacteur le mer, 01/10/2008 - 14:39
Les Impromptus à Oul...
