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17/02 - 19h et 18/02 - 18h

En Chantiers n°4 Les Subsistances Lyon 1e

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Surmonter ses handicaps

Vendredi19 mai. Ecole primaire de Ste Foy Lès Lyon. 13 h 30. Estelle Feuvrier, comédienne, filme les ateliers organisés par Image Aiguë.

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Je filme le travail de Christiane Véricel avec des enfants sourds et muets. M’est restée leur joie à notre arrivée, la jupe rouge : le costume de Coralie, qui en plus d’être malentendante se déplace en fauteuil roulant. Elle réussit à surmonter ce double handicap avec une réelle maîtrise de l’improvisation que bien des enfants dits normaux avec ne parviennent à adopter aussi vite, ici ce fut en quatre après-midi. Sa main valide tournant la roue du fauteuil avec vivacité, elle propose des déplacements complexes et rapides sur scène, accepte le déplacement pour le moins acrobatique de son fauteuil par le comédien Rohi, intègre les consignes de mise en scène que signe Karène.

Karène, professeur des enfants, traduit non une langue étrangère en français mais le son en geste avec un visage d’une telle expressivité qu’il est à lui seule une histoire.

Coralie, réussit à jouer le désir, l’avidité du personnage ; la complicité et l’écoute de sa partenaire comédienne Larissa, la crainte du petit maître Rohi, l’omniprésence du 4ème mur, les expressions de son visage. La seule chose qu’elle ne peut contrôler : un rire déferlant quand ses amis jouent avec les comédiens de la compagnie et proposent des scènes à rebondissements.
Quatre enfants de 3 à 5 ans, nous rejoignent, malgré leur surdité, ils appliquent les consignes de jeu, intègrent le scénario et le servent avec bonheur. Petits amours d’enfants, amusants et touchants
16 h 30, nous sortons de la salle de travail.

Me frappe les affiches sur les murs: « je suis heureux quand je vais au bout d’un projet, je suis heureux quand j’aide mes parents, je respecte l’autre, je ne me moque pas de lui »… Ces phrases d’enfant marquent une détermination bouleversante autant d’efforts admirables quand on sait que chaque instant de leur vie est complexe, compliqué et certainement frustrant. Durant ces trois heures, jamais ils ne se plaignent, de fatigue, d’impatience, de devoir attendre la traduction pour jouer, les yeux brillants, les visages épanouis, ils me sourient car je filme leur travail, leurs scènes. 

Estelle Feuvrier


Soumis par rédacteur le ven, 03/10/2008 - 10:54