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Pour la première fois lors du Chantier du TNG, Gilles jouait pour un ...

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17/02 - 19h et 18/02 - 18h

En Chantiers n°4 Les Subsistances Lyon 1e

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Zitto ! à Palerme - Episode 2

Nous sommes le 14 septembre 2006. Christiane Véricel nous décrit la répétition de la générale qui aura lieu le lendemain.

Aujourd’hui, c’est l’avant générale, tous doivent avoir compris qu’on ne doit plus sortir de scène pour vagabonder dans les gradins : « Un comédien n’est pas un spectateur ».

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Néanmoins, vers la fin du spectacle, je vois Paolina sortir de scène , à l’aise. Elle vient chercher son chemisier blanc dans son sac (oubli de régie). Je lui fais signe que ce n’est pas possible. Elle poursuit malgré mes regards impératifs. Je la foudroie du regard pour lui signifier qu’elle doit reprendre sa place.

Puis tranquillement, pendant que le spectacle continue, elle se plante devant moi et me demande comment je la trouve dans son nouveau costume. En vain, je lui explique que je regarde la répétition et ne peut pas lui répondre. Elle continue son bavardage puis réintègre sa place sur scène en toute sérénité.

Exceptionnellement, les journalistes n’étaient pas en retard. Paolina m’a pris 2 heures précieuses pour choisir sa robe. Elle est arrivé avec un sac plein d’habits bariolés et fantaisies.

Pina se pique dans les toilettes (elle est diabétique) et explique à Luigi : j’ai oublié de manger à midi et ce soir : pizza.

Les jumeaux se suivent toujours en coulisse même quand ils ont des rôles différents, ils se trompent systématiquement. Sirus se plaint que personne ne lui obéit. Idem pour Bruno.

Pape s’est enfin rendu compte que Walter sert de traducteur pour son personnage et le laisse enfin parler sur scène.

Giacinto a encore oublié d’apprendre son texte.

Maria Rita est très appliquée. Elle est assise sur la grande boîte, raide comme un piquet parce que j’ai dit que son dos doit être droit et gracieux. Lorsqu’elle est sur scène, on dirait qu’elle est dans un pays étranger et que le ciel va lui tomber sur la tête. Le fait d’être vue et éclairée semble lui immobiliser l’intelligence. Elle a toujours l’air incongrue. Un personnage qui ne serait jamais à sa place. Une sorte d’erreur permanente. Je regrette tellement Flora, cette petite fille rondelette et épanouie, à la grâce et au culot inouïs. Le père ne veut plus, son coeur a rétréci, dit-il, d’avoir trop attendu sa fille le premier soir.

Le chien s’est remis à aboyer. Mais ce soir, c’est assez calme. Il y a un match de foot ! Chacun crie devant la télé.

Pendant la répétition, les chats s’approchent doucement. J’entends un bruit de papier froissé à côté de moi. A force de patience, le petit gris a ouvert un paquet et mange mon jambon. Tss, tss font les techniciens et Pina pour les faire fuir. C’est très agaçant.

Après la pluie, les moustiques sont revenus en force. Les mains claquent. Ca sent l’anti-moustiques. Les bougies sont allumées, c’est joli. Chacun se gratte et compte ses boutons.

Pepe passe la musique. C’est un petit espagnol. Tout jeune, vif d’esprit, avec des drisses et les dents de travers, tout souriant et très appliqué.

A chaque question, je monte vers lui - la pente des gradins en bois est très raide - pour lui expliquer. Je redescends pour diriger.

Tous les soirs, le matériel technique doit être démonté et rangé en lieu sûr.

Je suis en bas pour regarder la vidéo. J’aperçois le petit Pepe, traînant, trimbalant, soulevant le matériel désuet qui pèse autant que lui. Il titube en descendant, soulève les bras pour que le poids ne l’entraîne pas. Lentement, il descend puis disparaît sous les voutes où est stocké le matériel par sécurité. Deux étoiles sont tatouées sur ses mollets.

 Christiane Véricel


Soumis par rédacteur le ven, 03/10/2008 - 10:31