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Zitto ! à Palerme - Episode 4
Nous sommes le 15 septembre 2006. C'est maintenant la générale...
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Salvatore, le petit gros, faux Bulgare qui sommeille, me demande le jour de la générale s’il est retenu pour jouer dans le spectacle !
Francesco est définitivement out. A l’hôpital pour son genou paraît-il. Je ne saurais jamais si c’est parce que je ne lui ai pas donné un rôle assez important. Il n’a pas compris que cela se construisait petit à petit et souhaitait sans doute dès le début, de grandes tirades.
La rue répond par des sifflets et des réflexions (insultes) quand Franck entonne la scène du mendiant qui chante, hurle faux.
Je suis couverte de la poussière des gradins qui provient du plafond en ruine et de la pollution grasse générale du centre de la ville.
J’ai choisi d’asseoir Pina vers le premier rang du public pour qu’elle n’ait pas trop de trajet à faire (avec ses 81 ans) sans sa canne qu’elle oublie régulièrement.
Durant les filages, je la surveille du coin de l’oeil. Elle cherche mon assentiment avant de prendre sa chaise pliante et s’avancer sur scène (pas à pas) et prendre sa place. D’un territoire (réel) à l’autre (imaginaire), c’est presque l’anapurna en 5 pas. C’est passer de l’ombre à la lumière et s’imposer au regard des spectateurs.
Elle fait aussi quelques aller-retour entre réel et imaginaire, spectatrice parfois, parfois actrice. Cela me paraît intéressant d’ébaucher ainsi une image de la vieillesse.
Sur scène, elle est très présente, son regard résiste et s’impose à Laurent le « petit » dictateur. Elle est toute tendresse lorsqu’elle chante sa berceuse à Carmelo (le petit en rouge, 8 ans). C’est sûrement ce qu’elle préfère, lorsqu’il la prend par le cou et qu’ensemble ils chantent (un peu fort peut-être !) la chanson.
Et puis il y a Matteo, ce beau sicilien, directeur du théâtre, qui sait être charmeur et parfois sévère. Il a une voix de stentor, il est aussi – surtout un très bon comédien professionnel.
Il est arrivé hier juste avant la générale pile au moment où chacun était en place. Après bien des efforts pour obtenir concentration et silence. Nous allions commencer.
A ce moment-là s’est élevée la voix de Matteo arrivant dans le théâtre pour interpeller Michel en français, Michel à la lumière tout en haut du théâtre.
Toutes ces lumières si belles, Michel les a dans la tête. J’imagine une aurore boréale permanente qui déborde et gagne la scène dans une lumière juste et subtile.
Problème : Matteo n'a pas l'argent pour engager jusqu’au bout 2 techniciens. De fait, il y a Pepe au son. Donc personne les trois derniers jours pour utiliser cet engin très spécial qu’est le jeu d’orgue du Garibaldi.
Echanges à haute voix, du haut en bas, d’explications qui finissent sur une interrogation. Je pense aux comédiens derrière la scène qui attendent.
Après la générale, Matteo accepte que le technicien reste pour la première et basta. Nous ferons en sorte de l’employer jusqu’à la dernière. N’ayant aucune confiance dans le système électrique de Palerme.
Christiane Véricel
Soumis par rédacteur le ven, 03/10/2008 - 10:20
Zitto ! à Palerme - ...
