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Plovdiv, ville interculturelle

Plovdiv est un territoire où cohabitent depuis des siècles différentes communautés. Les données statistiques montrent que leur construction est basée sur des critères variés qui sont principalement les appartenances ethnique, religieuse et régionales.

Deuxième ville de Bulgarie, Plovdiv a longtemps occupé la place de capitale artistique et culturelle du pays. Elle se trouve en Bulgarie du sud et date de l’Antiquité. Elle a été fondée en 343 ans avant J.-C. sur trois collines, au bord de la rivière Maritza, par Philippe de Macédoine qui lui a donné son nom (Philippopolis). En 46, elle a  été rattachée au territoire de l’Empire romain et a connu une nouvelle période d’épanouissement. La ville changea ensuite plusieurs fois de maîtres, elle fut trois fois byzantine, cinq fois bulgare, deux fois latine. Au début du XIVème siècle elle tomba sous domination ottomane pour cinq siècles.
Chacune de ces époques a laissé des vestiges étonnants et, aujourd’hui, il existe en quelque sorte deux villes : une ancienne qui se trouve sous la terre, et une autre, contemporaine, en surface. Du sommet d’une des collines, le point de vue permet d’observer un panorama qui découvre l’autel sacré des temps polythéistes, le théâtre romain, l’agora grecque, le rempart médiéval, les bains turcs, les églises orthodoxes, catholiques, protestantes, les mosquées, l’église arménienne apostolique, la synagogue, les belles maisons de style baroque oriental, le marché, les bâtiments modernes. Cette diversité patrimoniale rend visible ce qui est le trait caractéristique de la ville : la variété des images raconte le sacré, la civilisation, le pouvoir, l’esprit, la puissance, le plaisir, l’échange qui sont le passé de la ville tout en évoquant la dialectique et la dynamique de l’interculturalité dans l’espace et dans le temps. Ainsi se manifeste et est rendue visible la coexistence des différentes civilisations et cultures : thrace, romaine, byzantine, islamique et chrétienne.

Territoire de cohabitation
Après le premier sondage statistique réalisé en Bulgarie (1883), puis d’autres réalisés périodiquement, on s’aperçoit que les effectifs de certains groupes diminuaient drastiquement ou qu’on ne trouve plus d’informations sur eux alors que de nouveaux groupes apparaissaient et les remplaçaient. Par exemple à la fin du XIXème siècle la communauté grecque était l’une des plus importantes de la ville. Dès le début du XXème siècle et après la Première Guerre Mondiale, selon les directives de la convention politique greco-bulgare, la plus grande partie des membres de cette communauté sont partis en Grèce alors que les Bulgares, installés au bord de la mer Egée et en Macédoine grecque, sont rentrés en Bulgarie. Nous pouvons faire les mêmes commentaires pour les groupes d’Albanais et d’Aroumains, présents dans les sondages réalisés à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle mais qui n’étaient plus représentés après les années 30. En revanche, les données statistiques de 1883 ne font pas état de la présence de Tsiganes alors qu’en 1888 on en recense 348. Les sondages successifs indiquent que leur nombre a augmenté régulièrement pour se stabiliser de nos jours.

Aujourd’hui encore la ville est un territoire de cohabitation entre, d’une part, de nombreuses communautés ethniques : Bulgares, Turcs, Tsiganes, Arméniens, Juifs et Grecs; et, d’autre part, un grand nombre de groupes confessionnels : orthodoxes, catholiques, protestants, évangélistes, musulmans, grégoriens, judaïques, uniates....


Soumis par rédacteur le mar, 14/10/2008 - 15:56