Une matinée au Musée des Beaux-Arts

par | Avr 21, 2017 | pédagogie, progCHOEUR

10 heure, Place des Terreaux. Les enfants de la compagnie, pour certains accompagnés de leur parents, ouvrent la marche. En tête de file, loin devant, j’aperçois Christiane qui marche d’un pas décidé. Elle ne veut pas faire patienter notre guide. Nous traversons le jardin, en regrettant le mauvais temps: le soleil n’illuminera pas le grand chêne aujourd’hui. Ce lieu est emprunt de calme, d’une sérénité presque secrète. Nous entrons dans le musée. Muriel Charrière, notre hôte nous attend, le sourire aux lèvres. Elle à l’air tout droit sortie d’un beau tableau, mais lequel? J’y réfléchis quelques minutes…La naissance de Vénus, de Boticelli! Avec les habits en plus, et le coquillage en moins.

Christiane a sélectionné quelques peintures, nous commençons la visite. On emprunte les grands escaliers pour atteindre le deuxième étage, la hauteur sous plafond donnerait presque le tournis. La première salle que nous visitons se caractérise par ces immenses tableaux. Nous nous regroupons devant Une scène de Déluge, de Joseph-Désiré Court,réalisé à partir de 1826. L’oeuvre nous laisse sans voix, autant par ses dimensions que par la scène qu’elle représente. Aux corps nus des personnages s’ajoutent des expressions de détresse et de peur dans un paysage chaotique. « Que voyez-vous? Quel personnage remarque t-on en premier? Pourquoi? » Des notions plus techniques, comme le clair-obscur sont expliqués aux enfants. On décrypte ensemble les visages, les couleurs et la composition.
(pour les plus curieux )

Anna, Sidonie et Agathe, inséparables dans le jardin du Palais Saint Pierre

Anna, Sidonie et Agathe: inséparables dans le jardin du Palais St Pierre.

Les enfants écoutent avec attention Muriel Charrière dans la salle des Peintures Françaises du XVIIe

Tout le monde se prête au jeu devant Le Repas chez Simon le Pharisien de Jean Jouvenet

Nous découvrons le prochain tableau, dans la Salle des peintures françaises du XVIIe siècle, Le Repas chez Simon le Pharisien de Jean Jouvenet, peint en 1706. La toile est encore plus imposante que la précédente, mais cette fois-ci, plus colorée. Muriel propose aux enfants et aux parents de refaire la scène qui se joue devant eux. Chacun choisi son personnage « Je veux faire le chien » , « Moi je veux être le monsieur en bleu… non pas celui-ci, l’autre! », « Tiens prends mon écharpe, ça fera un beau turban ». Les rires résonnent dans la pièce, je salue la pédagogie de notre hôte. Curieux et amusés, des visiteurs s’arrêtent devant la performance. Je remarque Nasser, droit, élégant, le menton relevé prenant la pose de Jesus, il ne bouge pas et s’approprie à merveille le personnage. La petite Violette, avec son turban trop grand qui lui tombent sur ses grands yeux bleus me fait fondre.

Nous passons rapidement devant quelques tableaux de natures mortes sans trop nous éterniser, nous commençons à être en retard. Les enfants miment rapidement les émotions qu’ils ressent à la vue de ces fruits appétissants: la joie, l’envie, et pour certains, le dégout. C’est drôle de voir à quel point les peintures peuvent avoir un effet très différent sur chacun. Les mangeurs de Ricotta de Vincent Campi ne déroge pas à la règle. Les personnages dévorent une Ricotta à pleine louche. « Ils ont l’air fous, ils font peur » s’exclament les enfants. « Ah bon? Moi je les trouvais amusant » s’étonne Christiane.La visite s’achève, des applaudissement retentissent dans nos oreilles, un son assez rare dans un musée. Nous nous précipitons au réfectoire, situé au rez de chaussé. Une école de danse présente son travail, malheureusement nous arrivons à la fin. Nous avons tout juste le temps d’entendre les remerciements. Pour se consoler, nous observons avec stupeur les tableaux présent dans cette salle, à leur beauté, s’additionne leur grandeur qui me donne le vertige, et m’émeut presque. Nous quittons le musée, souriant. A notre sortie, la pluie s’abat sur nous. J’avais presque oublié qu’il existait un monde, là, dehors, à quelques mètres de nous.

Faites vous une idée des mangeurs de Ricotta

Sidonie, Agathe, Nasser et Mani dévoilent à nouveau leur talent de comédiens